Je présente mon fils à son nouveau professeur de piano


Il m’a fallu du temps pour obtenir cette entrevue.

Le Maître ne reçoit que sur son banc et cela depuis plus de 20 ans.

Un monsieur avait déjà pris place à côté de lui au moment où nous arrivions .

Nous avons donc attendu notre tour.

Nous avons attendu plus de 10 minutes : le vieil homme était manifestement ému de rencontrer le Maître et, avec son épouse, il faisait grand cas de cette rencontre.  Apparemment il connaissait tout de son génie : son concert à Moscou en 1956, ses deux versions des variations Goldberg, ses phobies, son originalité mais aussi sa diction et son éloquence musicales. Je n’en perdis pas une miette.

Enfin le couple partit, lui le sourire aux lèvres d’avoir pu partager Son banc un instant.

Vint notre tour. Colin était énervé. Il allait me faire honte. Mon émotion était à son paroxisme.

J’avais la gorge sèche lorsque je pris la parole. Nous avions fait 6.000 Km pour venir le voir. Plus qu’un professeur de piano, je cherche un  maître de musique pour mon fils, un pédagogue, un père spirituel, … Si ce n’était pas lui, qui d’autre aurait pu répondre à mon syndrome « Léopold Mozart » ?

Egal à lui même, le Maître garda son sourire tout au long de ma présentation. Il garda aussi ses gants comme à son habitude alors que le thermomètre affichait les 20°C.

A la fin de mon entretien, il laissa planer le silence. Normal : le silence fait partie de sa musique.

Il me laissa l’espoir de pouvoir le revoir prochainement pour connaitre sa décision finale.

J’attends.

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