Pourquoi les Torontois n’ont pas grand chose à raconter en ce début d’année


Il existe chaque année en janvier un sujet de conversation majeur à Toronto. Aux informations à la radio et à la télévision, dans les salons, devant sa porte, dans le métro, chez les commerçants : on ne parle que de cela.

En octobre, on se dit même qu’on va en parler en janvier : les médias anticipent en commençant leur bulletin d’information par  » Il y a 30 % de chance qu’on vous en parle demain, et 50 % de chance qu’on vous en reparle après-demain« . Cette année, ils ont poussé l’audace à nous annoncer qu’il y aura  » 0 % de chance qu’on vous en parle cette semaine ! ». Le propos du journaliste devient : « On vous informe que l’on ne vous en parlera pas ! » L’actualité canadienne n’est vraiment pas dans le registre « suspens is killing me« .

En novembre, la radio nationale CBC nous disait qu’elle nous en avait parlé ce même jour ….l’année précédente.

Jalouse, à la fin de novembre, CBC se désespérait en commençant son bulletin du matin par : « Ca y est : les américains en parlent déjà, eux ! ».

Maladroitement, le magazine Maclean’s dans son numéro du 22 janvier en a parlé sur 3 pages en étant totalement hors sujet : il était trop tôt. L’information, les témoignages, les conseils tombaient comme un poil d’ours sur une poutine.

Egal à son habitude et à sa bienveillance nationale, le canadien ne reproche pas à son gouvernement de le priver d’un tel sujet de conversation. Un sujet pourtant qui crée du lien entre voisins, entre conducteurs, entre patrons et employés. Un moment de communion nationale que chacun guette avec appréhension.

En relisant ce billet, je réalise que je n’ai pas précisé de quoi je parle. Oups !

Vous l’avez deviné : cela fait 3 mois qu’on attend la neige !!!

Le macadam est sec. Les enfants jouaient encore début janvier dehors sans manteau (bon, il est vrai qu’ il ne fallait pas qu’ils s’arrêtent de courir).

Et, pendant ce temps là, en décembre dernier, le gouvernement de M. Steven Harper a annoncé que le Canada se retirait du protocole de Kyoto.

Je peux vous assurer une chose : ce gouvernement est le seul qui soit aujourd’hui givré à Toronto.

Une réflexion au sujet de « Pourquoi les Torontois n’ont pas grand chose à raconter en ce début d’année »

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