C’est sur la route qu’on comprend pourquoi au Canada, on vous retire d’office votre permis de conduire français….


Dans une ville 3 fois plus grande que Paris et dans une Province ayant deux fois la taille de la France, il devient rapidement indispensable d’acquérir une voiture si on souhaite:

  • faire les courses ailleurs qu’à l’épicerie du quartier
  • aller chercher une Billy toute neuve chez Ikea
  • partir en week-end au-delà du parc situé au bout de la rue

On se sent presque à la maison avec le vendeur de voiture qui use des memes ficelles de vente que ses compères français.

Par contre, il y en a deux qui savent vous dépayser: l’assureur et le préposé au bureau des permis de conduire.

L’assureur:

Vous avez 20 ans de conduite derrière vous, vous avez laissé en France votre super bonus de bon conducteur à votre assurance? Ici, rien à cirer: tous les étrangers sont considérés avec la plus parfaite égalité par les assurances. Nous sommes tous des nouveaux conducteurs. L’ offre de bienvenue est redoutable: 7.000 $ de couverture la première année (il y a des astuces pour payer moins cher, mais là vous devrez m’écrire pour que je vous les donne).

Le bureau des permis de conduire.

Vous avez su conserver le permis couleur saumon fumé de vos 18 ans, avec votre frimousse de bachelier pubère ? Quel dommage. Vous devrez l’abandonner à un fonctionnaire canadien qui est en charge de le renvoyer en France, là bas, au chaud. Après s’être assuré que vous n’avez plus de permis sur vous, l’aimable fonctionnaire vous fournira alors un permis de conduire ontarien au format carte de crédit.

Bon, tout cela pour vous dire que c’est une fois sur la route, que l’on comprend le comment du pourquoi.

Les routes ontariennes n’ont rien à voir avec les routes françaises. Surtout question signalétique.

Voyez plutot: face à ce panneau, vous accélérez ou vous ralentissez ? C’est pas en Sologne qu’on le croise ce type d’avertissement, hein ?

Et puis le fameux lapin fatal du Saint Graal des Monty Python, rappelez-vous, celui qui garde le pont : une légende arthurienne ? Que nenni, il est ontarien: on vous aura prévenu.

L’Ontario est le seul pays où les lapins attaquent les automobilistes.

En fait avec votre permis de conduire en Ontario, vous avez aussi le permis de chasser. Comme en France, me direz-vous, mais pas celui de tuer, à la différence des routes gauloises. Malgré la baisse des accidents mortels en France au cours de ces dernières années, les routes canadiennes restent encore 2 fois moins dangereuses que les routes françaises, pourcentage ramené par rapport au nombre d’habitants.

La vitesse sur autoroute est limitée à 100km/h.
Il faut être patient, parfois la route est longue ici… Mais il est aussi précisé au-dessous de ces panneaux de limite de vitesse que les prunes tombent à partir de 120km/h. Résultat: tout le monde roule sur autoroute à la vitesse de 119 km/h avec le plaisir de la transgression sans la peur de la punition… C’est delicious.
Par contre, gare à celui qui se fait prendre au-dessus des 120 Km/h. Les P.V. sont transmis au fichier central des assurances qui vous ajoutent leur propre pénalité en fin d’année: un super malus. Pour les Francais, vu le tarif de bienvenue des assureurs, c’est plutôt incitatif.

De là à parler de l’injustice de la double peine ou de la question sur la légalité de l’utilisation de fichiers de police par des sociétés privées cela fera l’objet d’un vaste débat en France, … pas en Ontario.

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