A Paris: le caniche à sa maman, à Toronto: le KIKATOUKASSÉ (2)


Ce billet est la suite d’une chronique en deux épisodes sur les commensaux à fourrure de Toronto.

Deuxième partie: le KIKATOUKASSÉ.

Le KIKATOUKASSÉ est aussi nommé « raton-laveur » par les naturalistes ou « Capucin » dans le dessin animé japonais « Candy ».

Le KIKATOUKASSÉ est plus attachant que le DOUKIPUDONKTAN: son hygiène est irréprochable. Il ne supporte pas de manger sa nourriture sans l’avoir préalablement lavé.

Le KIKATOUKASSÉ a des valeurs: la famille c’est sacré. Elle est souvent nombreuse (portée moyenne de 5) et on reste groupé.
Le KIKATOUKASSÉ ne pisse pas partout en cas de danger. Par contre, si on le contrarie, il sait montrer ses griffes qui ne sont pas rétractiles.

Je vous suggère de retenir ces caractéristiques pour mieux apprécier l’une des aventures qui va suivre.

Comme le putois, son cousin par mésalliance, le raton-laveur est un commensal protégé par les autorités municipales de Toronto.

Mon éminent confrère Élie T. (car, ce n’est pas pour me vanter, mais depuis que j’enseigne au Canada, j’ai d’éminents confrères ) connaît- contrairement à M.Li– les décrets municipaux de Toronto.
Lorsque son grenier fut envahi par des ratons-laveurs, il prit la décision de les piéger individuellement pour les emmener 100 km au nord de la ville et les relâcher dans la nature.
Il y passa ses matins d’été à parcourir la campagne ontarienne.
Ce fut en tout 3 familles complètes de 14 ratons-laveurs qui purent passer leur vacances d’été à la campagne gratis.
Et mon éminent confrère n’eut plus à se plaindre de son grenier défoncé.
Cela sans passer par la case prison, ce qui, ici, est une performance.

M. Alain D. lui, eut moins de chance.

M. Alain D. est un éminent citoyen français qui venait de finir une mission d’expatrié à Toronto. Cadre supérieur, toujours tiré à quatre épingles, M. Alain D. avait cette « French touch » qui fait la fierté du faubourg Saint-Germain.
La veille de son retour à Paris, un ami torontois avait accepté de prêter à M. D. son appartement pour y passer sa dernière nuit. Son avion partant tôt, il se coucha tôt, tout en veillant à laisser les portes-fenêtres ouvertes pour ne pas avoir à utiliser l’air conditionné en cette période caniculaire.

Au milieu de la nuit, M. D. fut réveillé par des bruits au rez-de-chaussé de l’appartement. Courageux et téméraire, il enfila une robe de chambre et se mît à lancer dans l’escalier « il y a quelqu’un ? ».

Il y avait.

En allumant la lumière de la cuisine, il se trouva nez à nez avec un raton-laveur en train de lui vider le frigo. Une longue traînée de nourritures s’étalait jusqu’à la salle de bain, où M. Alain D. découvrit 3 autres ratons occupés à tremper leur nourriture dans les toilettes (v. le souci d’hygiene de l’animal décrit plus haut) .
L’histoire ne dit pas qui poussa le cri le plus fort. Armé d’un balai, M. D.se mît à expulser les importuns à coups de manche.

Les ratons ont des principes simples que j’essaye d’inculquer avec difficulté à mes garçons: on ne quitte pas la table avant d’avoir fini son repas. Comment blâmer l’animal ?

Ce furent un canapé, deux fauteuils en cuir, les rideaux, une console et les tapis qui subirent les griffes (non rétractiles) de la famille KIKATOUKASSÉ.

M. D. du quitter son hôte tôt le matin (because l’avion) sans pouvoir ranger ou encore moins réparer un appartement qui ressemblait dorénavant à une fin de soirée de Skinheads.

L’histoire ne dit pas si l’ami de M. D est toujours son ami.

Cette anecdote est bien entendue authentique et continue de circuler dans le microcosme français torontois. Ma solidarité patriotique me fera taire le nom d’Alain qui a su laisser d’autres traces plus glorieuses dans la ville-reine.

Comme le dit le proverbe canadien : « ça aurait pu être pire : ça aurait pu m’arriver ».
Ceci étant, mon sourire s’est figé hier soir lorsque j’ai vu 4 ratons-laveurs grimper sur notre pergola pour venir déguster nos raisins: je dois l’avouer, nos fauteuils sont en cuir.

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