« Cette histoire est vraie puisque je l’ai inventée » aimait à dire Boris Vian.
Ces chroniques n’ont aucune véracité au sens propre du terme. D’ailleurs, qu’est-ce qu’une histoire vraie ?
Lorsqu’une personne vous raconte une histoire avec le talent du conteur, elle a un parti pris : elle oublie les détails qui ne vont pas dans le sens vers lequel elle souhaite vous emmener et elle exagère ceux qui servent son dessein. Elle crée ainsi la saveur de son histoire.
Si vous enlevez cette appétence, l’histoire reprend alors sa majuscule et ne se décline qu’au singulier : elle revendique sa légitimité par la recherche de la vérité. Cette recherche de l’Histoire vraie est une gageure : au nom de la vérité « scientifique », il a été impossible de rédiger un manuel collectif de l’Histoire de l’Europe avec 20 historiens européens.
La vérité narrative n’existe pas.
Dans l’une de ses nouvelles (« La préhistoire du capitalisme à son stade ultime »), Murakami a ce paradoxe merveilleux à propos de son histoire: « Avoir transformé la réalité peut même élever son coefficient de vérité ».
Ces chroniques n’ont pas d’autres ambitions : elles essaient de retranscrire des observations, des instants de surprise qui ont été macérées dans un brou de bienveillance amusée. C’est sans doute une vanité de ma part : trouver dans des petits moments du quotidien une vérité humaine universelle.
Bien entendu aucun des personnages cités n’existe dans la réalité mais chacun a le droit d’avoir un avocat bien réel. Que les choses soient claires : ce blogue est financièrement insolvable pour une éventuelle poursuite en diffamation ou atteinte à la réputation. C’est cela aussi le plaisir de la fiction : pouvoir transformer une personne en un personnage pour les desseins de l’histoire.